Les boutons de panurges ?

Trouver dans les réseaux sociaux une raison sociale.

Les bêles rencontres des espèces numériques. (#Ironème)

La meute des loups hurle fort actuellement sur la toile. Mais qui sont ces loups ? Sont ils aussi indépendants qu’ils le prétendent ? N’endossent ils pas un costume produit en grande série, mis à disposition du querelleur numérique, toujours apte à critiquer sans avoir à proposer ? Quand les chiens aboient et que la caravane tarde, il peut être tentant de prendre la tangente pour ne pas fertiliser ce spectacle stérile.

Ne pas affronter directement les rageux enragées, comme évoqué précédemment est une bonne option pour alléger sa Time Line.

D’où vient cette flambée de haine et de rancœur, cette brûlure de dégoût des affronts de Twitter.

Anonymat. Caché derrière des pseudos, des identités d’emprunt, certain twittos pensent avoir trouvé le totem d’immunité. D’autres s’identifient à leur néo-identité qu’ils ont créé se sentant pousser des ailes de justicier.

Je suis pour le maintien de l’anonymat sur les RS, mais les actions prônant le renforcement du civisme et des bonnes manières en ligne doivent s’intensifier.

N@dine

Le like ⭐️ Plusieurs articles, médias décrivent très bien les 50 nuances du like. Condenser en un bouton, un symbole unique tant de fonctions et tant d’interprétations risque les erreurs d’interprétations et surtout court-circuite le jeu de question réponse plus lent, plus élaboratif aidant au vivre ensemble. Et je ne parle même pas de la politesse souvent reléguée sur les RS à l’artifice le plus secondaire.

Par un geste unique on peut apposer son empreinte, un cœur du bout du doigt, à un commentaire lapidaire déjà écrit sur un inconnu dont on ne partage pas les idées. Je ne dis pas que c’est mal, mais réfléchissons aux larmes de destruction massive que nous avons entre les mains quand cette facilité du clic rencontre le harcèlement et le lynchage numérique en place publique.

La critique mais aussi l’approbation et le soutien peuvent sur les outils numériques s’appuyer sur d’autres canaux que le texte, Celui-ci peut être augmenté, agrémenté de liens, de sons, d’images non seulement anonymes, mais aussi instantanées du quotidien, en mouvement, ce qui ajoute largement à la capacité d’intensifier les messages, les émotions partagées.

Rapidité de l’embrasement. La force des réseaux sociaux, c’est leur portabilité et leur instantanéité. Très bien, mais quand le tweet perce, il fait parfois passer le bébé par le trou et l’eau du bain se reprend sur les pompes de l’imprudent. Autrement dit, si on ne prend pas garde à la qualité des informations que l’on porte, si on est pas crédible dans le “c’était pour rire”, on peut rapidement se retrouver sous un torrent de matières fécales. (Shitstorm, c’est plus court, mais moins joli)

Audience. “Quel plaisir de dépasser une centaine, un millier d’abonnés !” Non, cette phrase ne devrait pas se finir pas ce point d’exclamation mais pas celui-ci :

En effet quel est l’interêt d’accumuler les followers ? Bien sûr, je suis psychiatre, théoriquement je perçois les gratifications narcissiques palliatives, mais derrière se cache un cœur d’homme, lui aussi perfusé de récompenses. Il s’accélère lorsqu‘un gros conte le tague, lorsqu’un tweet fait mouche.

En effet, quel intérêt d’être suivi si le but est seulement que l’abonné nous regarde les fesses. S’il ne nous tape pas sur l’épaule, si on ne sait pas ce qu’il en pense, si on ne partage pas plus ou moins consciemment, numériquement quelques mots ou l’envie de le rencontrer, il n’y a probablement que l’intérêt d’un chiffre, d’une note, rarement au delà de la virgule.

Et puis suivre plus de 1000 comptes qui publient c’est du taf. Heureusement que les algorithmes travaillent pour nous.

Prendre ses distances son autonomie de pensées peut être rendu plus difficile par les bulles des réseaux sociaux. Si elles ne sont pas spéculatives, elles peuvent par le truchement des algorithmes nous confronter à des miroirs, visibles dans tous les plans, renvoyant des images rassurantes d’un monde reflétant nos pensées.

Un Bouton de panurge original : clique et bêle, soit belle et t’es toi ! Comment se lier sans suivre bêtement le troupeau.

Un positionnement, une image de marque aide à se faire repérer à éveiller l’attention et l’écoute. Sortant d’une manifestation où l’on s’est retrouvé isolés avec nos slogan et nos banderoles, seuls sur une passerelle au dessus de la Loire, je me suis bien demandé à quoi bon cela servait de crier si personne n’est là pour s’en faire l’écho.

Pour les nons initiés, ce n’est pas la prison de Nantes Lang dililang landi landi landilililang, mais son palais de justice.

C’est bien l’un des intérêts du RS, comme celui du pub (bien plus vrai outre Manche que pour son homologue français dont les discussions de comptoir ne servent souvent qu’à donner un prétexte pour ne pas commander une prochaine tournée avant d’avoir dégluti la dernière gorgée) que de permettre à différents milieux de se côtoyer. Prions pour que le Brexit, permette paradoxalement d’exporter le modèle d’ouverture et de libre échange que l’on trouve dans les pubs britanniques.

On l’aura compris les réseaux sociaux ressemblent à un solvant détonnant dans lequel un individu peut se fondre, mais ils peuvent aussi fondre la masse. Si l’on n’y prend pas garde, il risque de diluer les indivisibles. Ils sont dangereux et c’est aussi pour cela qu’on les aime, pour le meilleur et pour le pire.

Faire des retours au réel, IRL salvateurs permet de remettre du relief, de relier boutons et chemises et ce n’est pas si mal.

Mettre du relief dans les paillettes de sa vie. @MaitreEtTalons

Publié par Bruno Rocher

Psychiatre addictologue au CHU de Nantes

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :