Diafoirus 2.0

LES MÉDECINS

Le médecin Tant-Pis allait voir un Malade
Que visitait aussi son Confrère Tant-Mieux.
Ce dernier espérait, quoique son Camarade
Soutînt que le Gisant irait voir ses aïeux.
Tous deux s’étant trouvés différents pour la cure,
Leur Malade paya le tribut à Nature,
Après qu’en ses conseils Tant-Pis eut été cru.
Ils triomphaient encor sur cette maladie.
L’un disait : Il est mort, je l’avais bien prévu.
S’il m’eût cru, disait l’autre, il serait plein de vie.

Jean de La Fontaine

Je me rappelle avoir recherché cette fable au début de mes études de médecine à peu près au moment où je lisais en boucle une chronique de Cavanna découpée dans Charlie : primum non nocere. Il parlait du médecin et de son lien à l’argent. Je ne l’ai jamais retrouvée, malgré mes messages aux archives du journal satirique.

La magie de Twitter est elle transmissible dans WordPress ?

Ces textes font partie de ceux qui ont marqué le début de mes études de médecine, à l’instar des citations de lycéen flanquées sur le cahier de texte et apprises par cœur à force de les relire. C’est Einstein qui a accompagné ma seconde et décoré ma quatrième de couverture.

Ceci n’est pas un chanteur de Mauvaise réputation.

« Je méprise profondément ceux qui aiment marcher en rangs sur une musique : ce ne peut être que par erreur qu’ils ont reçu un cerveau ; une moelle épinière leur suffirait amplement ».

Albert EINSTEIN (1934) Comment je vois le monde.

La fable de La Fontaine se situe à une époque où les succès thérapeutiques n’étaient pas plus fréquents qu’un sourire dans une rame de métro parisien un soir de défaite du PSG en coupe d’Europe, c’est à dire bien rares. (Pas les défaites hein, les sourires, faut suivre)

Cela n’empêchait pas nos illustres prédécesseurs de pérorer à propos de leur savoirs pourtant bien minces à lueur des connaissances actuelles. Les médecins héritiers des dieux ne pouvaient mettre à la discussion de remise en cause de leur incompétence. Surs de leur fait, ils affirmaient comme dans cette fable avoir raison en toutes circonstances.

Un médecin doit accepter de se tromper, de cultiver et mettre à son savoir à jour, de le baser sur les sciences, y compris HS qui ne signifie pas toujours Hors Service.

Qu’en est il aujourd’hui ? Quelle vanité héritée de ce temps ancestraux ? Comme tous les étudiants en médecine, j’ai croisé, il y a un peu de temps désormais, des enseignants, des médecins modèles malgré eux. Certains brillaient par leur savoir-faire, leurs savoirs tout court et pourtant si vastes, leur savoir-transmettre. D’autres par leur savoir-être, par cette justesse relationnelle, cette reassurance irrationnelle qui enrobait les patients les plus inquiets, les plus perdus.

Le rôle du médecin tient dans cette alchimie précaire des connaissances et de la relation. Si on ne prend pas garde à tenir cet équilibre autant souscrire aux balivernes des homéopathes ou prendre des actions chez robotdoc.com

Papier retrouvé a posteriori

Publié par Bruno Rocher

Psychiatre addictologue au CHU de Nantes

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :