Allo le chauffage ?

J’ai la chaudière sous pression

Cette tribune ferroviaire aurait aussi pu s’appeler, « Où est passé le PQ pour torcher le budget ? ».

Tout d’abord, déculpabilisation oblige à l’heure de cette rédaction, il est trop tôt pour envoyer des mails pros. Et en cette fin de semaine même si je suis ravi d’aller retrouver mes collègues de la Guilde à Paris, mon humeur est plutôt ronchonne. Donc le billet de blog sera très bien pour occuper mon trajet.

Mais déculpabilisation disais-je, que vais je vais je faire à Paris loin des actualités chargées du service et des plannings de consultation surchargés ?

Eh bien peut-être qu’au delà d’échanges sur lesquels j’ai acquis une certaine légitimité (addiction et JV), peut-être qu’en plus du plaisir de revoir des camardes de jeu (Guilde, you got it ?), c’est l’occasion de m’éloigner des turpitudes de l’hôpital public.

Je lisais sur mon fil Twitter les revendications des différents collectifs défendant l’hôpital que je soutiens. Mon combat ce matin sera ailleurs. Je souhaite ici retranscrire l’indescriptible irritation ressentie, notez le courageux paradoxe matinal, à réclamer des budgets pour avoir du PQ dans les services une fois les budgets épongés début octobre. Ça fonctionne aussi pour les consommables des secrétariats ou des blocs opératoires mais l’image implique un peu moins.

Imaginer mon exaspération à réclamer tous les ans depuis 12 ans, avec l’appui des collègues cadres s’étant succédés sur ce poste, la mise en route de la chaufferie de Barbara quand les première frimas arrivent !! « On a pas le droit ou variante, on a pas l’ordre d’allumer » nous répond-on… Eh bien sur ce coup, moi j’allume ces économies de bout de chandelle à ne pas VOULOIR réchauffer une patiente de 35 kg, blotties derrière le simple vitrage de locaux vétustes, ça me fait rougir et rugir.

On a les combats que l’on mérite, celui-ci m’irrite tellement que ça m’a fait du bien de le partager. Merci d’avoir participé à ma thérapie.

Je crois que ces aberrations sont symptomatiques et conséquences directes des fonctionnements à l’économie imposés sur l’hôpital. Elles démobilisent dans leur emploi du temps et leur motivation les soignants de leurs missions essentielles ce qui est très grave.

Moi elles me motivent d’aller respirer à Paris, c’est con non ?

Publié par Bruno Rocher

Psychiatre addictologue au CHU de Nantes

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